21 Nov 2016 / par Marine / Dans Parcours / 2 Commentaires

Changer de voie

Combien de vies a-t-on ? Pour ma part, j’ai l’impression que je commence ma troisième vie, à même pas 30 ans.

Tu voudras faire quoi, plus tard ?

Je veux des paillettes, je veux être reconnue, je veux faire mon show. « Comédienne ». Va pour comédienne, fais donc des cours de théâtre, refuse l’amateurisme, sois professionnelle. Enchaîne les conservatoires, les concours. Rétame-toi. Pour finalement comprendre que toi tu es la tête, tu n’es pas, ou pas assez, le corps.

Changer de voie, une fois

Alors tu poursuis tes études à l’université. Tu te passionnes pour tes recherches. Tu penses avoir trouvé ce qui te correspond. Et tu donnes tout là dedans. Enchaîner les conférences, les responsabilités, les cours, les réunions, les formations. Se faire des relations, se constituer un CV, qu’on dit. Alors tu fais. Et finalement, te voilà docteure.

Docteure un jour…

Tu pleures de joie, c’est le plus beau jour de ta vie. Mais l’avenir que l’on te propose n’est pas celui qui te correspond. Être docteure en France, c’est galérer. C’est faire de gros sacrifices. C’est passer davantage de temps à chercher de l’argent, qu’à chercher tout court. C’est cumuler des charges administratives démentielles avec des cours, des recherches, des séminaires, des colloques. C’est passer ses vacances à faire ses recherches : car finalement ce qui nous passionne le plus, ce pour quoi on fait ça, on n’a pas le temps de le faire. Alors, ce milieu ne sera pas pour moi.

…Docteure toujours

Cependant, ce titre je l’ai, et je le garde. Il fait désormais partie de moi, et je le revendique. Il paraît qu’il peut faire peur à certains. Moi, quand j’y pense, c’est de la fierté que je ressens. Fierté d’y être arrivée, d’avoir abattu des masses de travail, d’avoir cette expérience inouïe. Si je suis parvenue à écrire une thèse, à obtenir la meilleure mention et les félicitations du jury pour mon travail, alors rien ne m’est impossible.

Changer de voie, deux fois

Du courage, il en faut, et j’en ai à revendre. J’ai des ressources qui me poussent à me dépasser. Mais que faire ? Quelles sont mes envies, finalement ? A quoi suis-je douée ?

Se tourner vers les autres

Et si la réponse à mes questions, c’était les autres qui pouvaient me les apporter ? A force de discussions, d’échanges, de partages d’expériences, je décide de me tourner vers le milieu de la communication. Car la communication ça me connaît, un vrai moulin à paroles ! Rivaliser avec des étudiants sortant d’écoles, très peu pour moi. Enchaîner des stages sous-payés, je passe mon tour. Je me concentre sur ce que j’aime vraiment, et sur ce que je sais faire : écrire. Depuis toujours, j’écris. Ma thèse, je l’ai écrite comme on écrit un roman. Les carnets sont ma passion. Les mots une adoration. Et c’est bien ma veine, cette qualité que j’ai devient de plus en plus rare. La faute aux SMS, aux messageries instantanées, à la ringardisation du français, ou que sais-je. J’ai donc trouvé ma place.

Et finalement, se lancer

Rédactographe, je serai rédactographe. Docteure ès rédaction, pour vous servir. Je me lance, j’entreprends, je crée, je démarche. Je m’active. Je fourmille d’idées. J’essaie de m’entourer. Je fais les choses bien. J’avance, toujours. Et me voilà prête à affronter ma troisième vie, en espérant qu’elle ne sera pas la dernière. Parce que changer de voie n’est pas forcément s’être trompé, c’est avant tout additionner toutes les expériences passées pour s’en forger de nouvelles.

2 Commentaires

  • Mariana Lescourret 25 Nov 2016 à 1:51 Répondre

    Très inspirant! merci!!

  • Marianne 2 Déc 2016 à 1:20 Répondre

    Bravo ! Plein de bonnes choses pour ta troisième vie !

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