Le langage clair, c’est rendre l’information compréhensible, utile et accessible pour tous. Dans un monde saturé d’informations, écrire clairement, c’est amplifier son impact et sa pertinence. Bonne nouvelle : c’est une compétence qui s’apprend.
Écrire en “langage clair”, ce n’est pas une punition pour ceux qui adorent les phrases à rallonge. C’est une démarche qui a un objectif simple : faire en sorte que les gens comprennent ce qu’on leur dit.
Aujourd’hui encore, on ne compte plus les sites et les documents officiels qui débordent de jargon technique. Pourquoi ? Parce que la complexité rassure. On croit qu’utiliser des mots compliqués nous rend plus crédibles. C’est humain : on veut prouver qu’on sait.
Mais dans les faits ? Un message qui ne passe pas est un message qui ne sert à rien. Les lecteurs veulent aller droit au but. S’ils doivent réfléchir pour comprendre, ils ferment l’onglet. 🤦♀️
Certains pays en ont même fait une affaire d’État. Par exemple, le gouvernement du Canada exige que toutes les communications publiques soient rédigées en langage clair. La clarté, c’est l’égalité.
Le langage clair : un langage tout simplement clair
Une communication limpide mais pas simpliste 🤝
Derrière l’expression presque évidente se cache une véritable discipline. Et comme on n’est pas là pour faire de l’à-peu-près, on s’en remet à la définition de l’International Plain Language Federation :
“Le langage clair est une communication dont les mots, la structure et la conception permettent au destinataire visé de facilement trouver, comprendre et utiliser l’information dont il a besoin.”
Un texte rédigé en langage clair n’est pas un texte appauvri. Il ne s’agit pas de réduire l’information mais d’en rendre le contenu accessible. Le fond reste alors intact, mais la forme s’adapte à celles et ceux qui lisent.
Depuis juin 2023, il a sa propre norme européenne : l’ISO 24495-1. Pour la première fois, la clarté devient un standard international, preuve que ce n’est pas seulement une lubie de communicants.
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Un peu d’histoire pour briller 👩🎓
Cette exigence de lisibilité ne date pas d’hier. Le langage clair naît aux États–Unis, après la Seconde Guerre mondiale. C’est une époque où les administrations produisaient des textes réservés à une poignée d’experts. Mais à mesure que l’accès à la lecture progressait, une nouvelle réalité s’imposait : il fallait repenser la manière de s’adresser au public. Résultat : un nouveau mouvement voit le jour, le plain language.
Son cousin : le FALC 👫
Le FALC (Facile À Lire et à Comprendre) s’adresse aux personnes qui rencontrent des difficultés de compréhension : personnes en situation de handicap mental, âgées, malvoyantes ou simplement celles pour qui le français n’est pas leur langue maternelle.
L’objectif : aller à l’essentiel, sans détour. On coupe certaines informations, on simplifie, on structure. Soit, des expressions courtes, un vocabulaire de base et une seule information par phrase.
Là où le langage clair cherche à reformuler sans appauvrir, le FALC, lui, assume réduire. Ce n’est pas une perte pour autant : c’est un choix adapté à son public.
Exemples pour illustrer nos propos pleins de sens :
Langage technique : “Conformément aux dispositions légales en vigueur, il est impératif que chaque bénéficiaire de prestations sociales remplisse, dans les délais impartis, l’ensemble des formalités nécessaires à la mise à jour de son dossier afin d’éviter toute suspension ou interruption des versements.” (nous, pas comprendre)
Langage clair : “Selon la loi, chaque personne recevant des prestations sociales doit mettre à jour son dossier dans les délais pour éviter l’arrêt des paiements.” (compréhension maximale) ✅
FALC : « Si vous recevez des prestations sociales, vous devez mettre à jour votre dossier. Sinon, vous risquez de ne plus recevoir d’argent.” (clair comme de l’eau de roche) ✅
Vous voyez la différence ? Trois différents niveaux d’accessibilité.
Les 5 commandements du langage clair
Mettez l’information principale en premier 🥇
On appelle ça la méthode de l’entonnoir : commencer par l’essentiel pour ensuite rentrer dans les détails. Oui, on vous le rabâche sûrement depuis l’école. Un texte efficace énonce dès le départ ce qu’il est censé contenir. Si cet article n’avait pas été rédigé en langage clair, il aurait peut-être commencé par une anecdote sur la norme européenne au lieu de donner directement la définition.
Organisez votre contenu et votre texte 🏗️
Sommaire, titres, chapôs, intertitres, paragraphes… Créez des repères visuels. Pensez votre texte comme une visite dont vous êtes les guide. Donnez-lui du rythme, des pauses et même des visuels pour rendre le tout vivant et facile à suivre.
Utilisez des formulations courtes et des mots simples 🔎
Les adverbes qui font joli, les tournures alambiquées, les mots à quatre syllabes alors qu’un simple mot suffit ? Le lecteur ne vous lit pas pour apprécier vos talents en rédaction, mais pour trouver une information. Aidez-le à repartir avec.
Connaissez votre public 👩🏫
Avant de poser un mot sur la page, posez-vous la question : qui va me lire ?
Eh bien, la réponse est probablement tout le monde. Il faut donc que le commun des mortels vous comprenne. Vous n’écrivez pas pour vous, vous écrivez pour être lu. Alors, à la fin de chaque document, si vous pouvez, faites-le relire à quelqu’un d’extérieur. S’il fait la moue et vous demande d’éclaircir un point, c’est que vous n’y êtes pas encore.
Utilisez la voix active 🗣️
Quand on s’adresse au lecteur avec la forme active, il se sent concerné, il s’identifie plus facilement. C’est direct, vivant, et c’est surtout beaucoup plus efficace. On comprend rapidement qui fait quoi.
Par exemple, prenez la phrase : “La convention doit être signée par les parties prenantes.” Avec la forme active, cela donne : “Les parties prenantes doivent signer la convention.” C’est plus clair, surtout si vous êtes l’une des parties prenantes.
👉 Il existe même des outils basés sur l’IA pour tester la lisibilité de vos propos. Parmi eux, Lisible analyse votre texte et détecte ce qui complique sa clarté. En quelques secondes, vous obtenez un score de lisibilité et des conseils pour l’améliorer. Plus ce score est élevé, plus votre propos est clair.
Bien joué Camus. 👍
Ce qu’il vaut mieux éviter pour rester lisible
Certains mots ou formulations, peuvent rendre votre texte confus ou indigeste. Si vous visez un score de lisibilité au top, soit plus de 60, voici quelques pièges à éviter. Prenez des notes.
Les mots qui ralentissent la lecture 🤓
– Les mots trop longs
– Les mots techniques
– Les anglicismes
– Les mots désuets
– Les abréviations
Les phrases qui brouillent votre discours 🤨
– Les propositions longues
– Les propositions subordonnées
– La forme passive
– Les parenthèses
– Les incises. Celle-là, on vous la donne : c’est un ajout explicatif inséré dans une phrase, souvent entre virgules.
Exemple au hasard : je veux confier mon projet à Rédactographe, une équipe de rédacteurs experts, pour qu’il soit parfaitement rédigé.
Sans incise, cela donne : je veux confier mon projet à Rédactographe pour qu’il soit parfaitement rédigé.
Rien n’est interdit, mais avec parcimonie c’est mieux.
Alors pourquoi inclure le langage clair dans votre communication écrite ?
Parce qu’il permet de toucher plus de monde, tout simplement. Un message rédigé en langage clair se comprend en un clin d’œil. Et quand on comprend ce que vous faites, ce que vous proposez ou vendez, on a beaucoup plus de chances d’y adhérer. Ce qui signifie plus de lecteurs, de clients et d’impact en général. Et ce n’est pas réservé aux grandes institutions. Le langage clair vous concerne aussi et rend accessible tout ce que vous écrivez : un article, une page web, une newsletter… 📝
Mais attention, tout dépend de votre cible et de votre intention. Un contenu destiné à des médecins n’aura pas les mêmes critères de lisibilité que Doctissimo. Ou encore, une fiche technique doit être claire et directe, tandis qu’une page de marque peut jouer la carte du récit et de l’émotion. En résumé, l’important est d’adapter selon votre public et votre objectif.
Pour mesurer la lisibilité de vos textes, des outils comme le Gunning Fog Index (indice de brouillard) sont très utiles. Cet indice se base sur la longueur des mots et celle des phrases pour évaluer la difficulté d’un texte. Il donne un âge scolaire estimé : un score de 12 signifie qu’un lecteur avec 12 années de scolarité devrait comprendre le texte facilement. L’essentiel, c’est d’ajuster le curseur et de le fixer noir sur blanc dans une charte éditoriale. Et c’est justement ce qu’on fait chez nous : vous aider à trouver le bon ton, pour les bonnes personnes, au bon moment.